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Deuxième séance - René Bazin, témoin de son temps

Sous la présidence d'Élisabeth VERRY

Élisabeth Verry,
Directrice des Archives départementales de Maine-et-Loire

Conservateur général du Patrimoine,  ancienne élève de l’École nationale des Chartes, Elisabeth Verry dirige depuis 1990 les Archives départementales de Maine-et-Loire. Elle a, à ce titre, publié de nombreux ouvrages, catalogues et contributions sur l’histoire de l’Anjou, et participé à des travaux collectifs sur des sujets tels que « Le Roi René dans tous ses Etats », aux Éditions du Patrimoine, « Anjou-Maine-et-Loire », aux Éditions Christine Bonneton, et dernièrement « 1914-1918 - l’Anjou dans la Grande Guerre », publié par les Archives départementales de Maine-et-Loire à l’occasion de la commémoration de la Première Guerre mondiale. Elle s’attache à la sauvegarde et à la valorisation des archives de René Bazin, conservées depuis 1973 aux Archives de Maine-et-Loire.

Elle est, en outre, chargée de cours en paléographie et archivistique à l’Université d’Angers, membre de son Centre de recherches, du Conseil de l’École doctorale SHS et du Conseil de documentation. Elle est membre de nombreuses autres instances, et notamment conseiller scientifique auprès de la Conférence des évêques de France pour les archives, et rédactrice en chef de la revue « La Gazette des archives », organe de l’Association des archivistes français. 

Jacques BOISLÈVE, Exode rural (La Terre qui meurt), condition ouvrière (De toute son âme) : René Bazin présent sur les deux fronts

Jacques Boislève,
Journaliste et écrivain

Parallèlement à son métier de journaliste, Jacques Boislève a poursuivi un travail de recherche en littérature et d’écriture plus personnel qui a donné lieu à des promenades littéraires, des communications dans des colloques, des conférences et des spectacles, ainsi qu’à  à la publication de nombreux articles et d’une vingtaine d’ouvrages, pour plusieurs en collaboration avec des photographes.

Membre de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire, il participe aussi activement à  plusieurs sociétés littéraires (Rencontres Julien Gracq, Lyriades de la langue française, Amis de René Bazin…) et aux travaux de plusieurs conseils scientifiques, sur la langue française à Angers, sur la Loire à Tours auprès de la Mission Val de Loire-patrimoine mondial. Très engagé par ailleurs dans les actions de développement, Jacques Boislève est vice-président de l’Union régionale des CPIE (centres permanents d'initiatives pour l'environnement) en Pays de la Loire et membre, dans cette même région, du Conseil économique, social et environnemental.

Exode rural (La Terre qui meurt), condition ouvrière (De toute son âme) : René Bazin présent sur les deux fronts

En prenant doublement appui sur La Terre qui meurt, emblématique de ses romans paysans, et sur De toute son âme, où il aborde la condition ouvrière, cette communication s’attache à montrer combien René Bazin fut un témoin de son temps : celui de la rupture du pacte ancestral avec la campagne – symbolisée dans La Terre qui meurt par la Vendée – et l’émergence du fait urbain contemporain incarné - dans De toute son âme  - par une famille de migrants venus de Basse-Bretagne à Nantes. Le désarroi et l’incompréhension que suscitent chez ses personnages qui s’y trouvent brutalement confrontés cette remise en cause de l’ordre ancien, véritable déracinement et l’état de crise qui s’en suit, l’écrivain, pour sa part, après les avoir fortement exprimés, les dépasse en s’attachant à déceler les signes d’espérance. Pour lui, la réponse à ce nouvel état du monde n’est ni dans Marx (la lutte des classes, le collectivisme, le matérialisme…) ni chez Zola (des corps sans âme), mais dans un retour aux fondamentaux de l’Évangile, impliquant la prise en compte par l’Église de la condition ouvrière. Dans un esprit non d’affrontement mais de dialogue entre les classes et mettant en avant la dimension spirituelle de l’homme, il oppose à la masse les personnes, soucieux non seulement de leur bien-être matériel, mais d’abord et surtout, de leur salut : René Bazin, auteur résilient, anticipant sur le personnalisme ? 


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François COMTE, Angers dans l’œuvre de René Bazin, l’importance du cadre urbain

François Comte,
Conservateur en chef du patrimoine

François Comte, conservateur en chef du patrimoine aux Musées d’Angers, est responsable des collections archéologiques et historiques angevines. Archéologue médiéviste, il a surtout publié sur le patrimoine médiéval d’Angers. Administrateur de l’Association des amis de René Bazin, il a collaboré à la présentation de la réédition de Magnificat (Paris, 2012) et a préfacé La cuisine au temps de René Bazin (Romorantin, 2014).

Angers dans l’œuvre de René Bazin, l’importance du cadre urbain

On évoque avec raison le Bazin, chantre de la terre, l’homme des romans de la campagne où il se plaisait. Cependant, on oublie qu’il fut pendant longtemps un parfait homme de la ville. Naissance, scolarité, mariage, court service militaire, vie professionnelle et familiale ont pour cadre Angers où il résida jusqu’en 1904. Même s’il s’en défend, l’influence d’Angers est présente tout au long de son œuvre. Deux de ses premiers romans (Stéphanette, La Sarcelle bleue) se passent presqu’entièrement à Angers. Certains personnages évoqués ont existé et les descriptions du paysage monumental sont précises. Dans les nouvelles, il prend soin de ne pas nommer sa ville mais, par les détails évoqués, on sait que l’on est à Angers particulièrement dans En Province et dans Les contes de Bonne Perette. Cependant, c’est surtout vers le paysage périurbain que va sa préférence : maisons et usines de faubourg, pépinières et maraîchers de banlieue et même le tramway pour se rendre en ville. Une topographie romanesque cherche à nous éloigner d’Angers. Il n’hésite pas à transférer hors Angers des personnes et des lieux bien angevins.  Cette volonté de ne pas revenir sur le cadre qu’il connaît le mieux peut s’expliquer par quelques mauvais souvenirs : le décès prématuré de son père, le réfectoire du collège, ses débuts difficiles dans le journalisme, les vexations d’après la Séparation. Une sorte de prudence le retient aussi d’en dire trop. Lui qui ne veut ni choquer ni déplaire se défend de présenter une réalité  locale trop reconnaissable car « il craint les grosses indiscrétions et les petites jalousies » comme le disait G. de Charnacé. C’est à une lecture de certaines de ses œuvres vues par le filtre d’Angers que cette communication s’attachera. 


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Jacques Richou, La guerre de 1914-1918, vécue et écrite par René Bazin

Jacques Richou
Officier général (c. r.), président de l’association des Amis de René Bazin

Il est angevin d’origine, ancien élève du Prytanée de La Flèche et de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr (64-66, option histoire) et de l’université de Caen, il est breveté de l’Ecole de guerre (94e promotion 80-82). Il a servi dans l’arme de l’infanterie, mécanisée et parachutiste, et participé à plusieurs missions opérationnelles : mur de Berlin (1968), Sénégal (1975), Côte d’Ivoire (1982)  et ex-Yougoslavie (à deux reprises au sein de l’OTAN en 1997 et 1998). Officier général depuis juillet 2001, il a dirigé l’organisme CiDAN, (Civisme Défense Armée Nation), au cabinet du ministère de la Défense, de 2001 à 2005.  

Arrière-petit-fils de l’académicien René Bazin, il a fondé et anime, depuis 2007, une association pour perpétuer le rayonnement de l’académicien. Parmi les raisons qui motivent son vif intérêt pour cet écrivain, il est sensible à l’expression de sa foi patriotique, insistant sur le rôle important et pérenne des armées, et des officiers en particulier, pour favoriser la cohésion nationale, et agir dans les domaines éducatifs et sociaux.

La guerre de 1914-1918, vécue et écrite par René Bazin

Témoin de son temps, René Bazin l’a été profondément pendant les 4 années de la guerre de 1914-1918. Agé alors de 60 ans, il va s’engager à fond dans « un combat littéraire ». Il multiplie articles de presse  et chroniques de guerre. Ecoutons-le : «La publication de ces récits, c’est un peu ma part de guerre. Ne pouvant me battre parmi les soldats, j’ai tâché du moins, de soutenir les courages, de célébrer les actes d’héroïsme et la foi de nos armées et de montrer la force d’une France unanime ». Au total, on peut dénombrer une quinzaine de livres, qui abordent la question de la guerre.  Leur analyse permet de répondre à trois grandes questions : Pourquoi la guerre, prévisible dès les années 1875 ? Puis, comment vivait-on cette guerre, au front comme à l’arrière ? Et enfin, quels prolongements dans la décennie suivant l’armistice de 1918 et les nombreux réflexions partagées avec ses amis, Foch et Lyautey ?

Ses écrits illustrent l’engagement généreux et enthousiaste de notre population, toutes classes sociales confondues, au service de la France de l’époque, et révèlent un sens capital du devoir, l’acceptation de mourir pour « sa terre charnelle », pour reprendre l’expression de C. Péguy, pour lequel Bazin avait tant d’admiration ! L’auteur met bien en valeur la réalité de « l’Union sacrée », et le puissant soutien de la foi religieuse, souvent exprimé. On découvre aussi des personnages étonnants, qui se donnent sans compter, du simple soldat au chef doué d’un charisme communicatif, la place trop méconnue des femmes dans ce contexte de guerre, le rôle irremplaçable des aumôniers, médecins ou infirmiers sur le front, etc…


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