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Troisième séance - René Bazin dans le débat religieux

Sous la présidence de Carole AUROY

Carole Auroy,
Professeur de littérature du XXe siècle à l’université d’Angers

Carole Auroy est professeur de littérature française du XXe siècle à l’Université d’Angers. Menant ses recherches au confluent entre littérature et philosophie, elle s’intéresse en particulier au développement du roman existentiel dans l’entre-deux-guerres et plus largement à l’expression littéraire du questionnement métaphysique. Elle a publié notamment un essai sur l’œuvre d’Albert Cohen (Une quête solaire, Presses Universitaires de Paris-Sorbonne, 1996), un ouvrage sur l’autobiographie de Julien Green (Le Miroir en éclats, Éd. du Cerf, 2000), un volume de la « Foliothèque » sur L’Espoir d’André Malraux (Gallimard, 2009) et un livre intitulé Hôtes du langage. Claudel, Mauriac, Bernanos, Green (Champion, 2015). Ses travaux portent aussi sur Albert Camus, Luc Bérimont et sur quelques romanciers contemporains.

Bernard PEYROUS, René Bazin et la renaissance de la culture catholique de 1870 à 1930

Bernard Peyrous,
Docteur ès lettres

Père Bernard Peyrous, docteur ès-Lettres, prêtre de la Communauté de l’Emmanuel, aumônier de l’IRCOM d’Angers, postulateur de la cause de canonisation de Marthe Robin. Spécialiste de l’histoire de la spiritualité et de théologie spirituelle, il a beaucoup écrit sur la spiritualité de l’époque moderne et contemporaine.

René Bazin et la renaissance de la culture catholique de 1870 à 1930

Après la Révolution française, le Catholicisme français s’est trouvé, à plusieurs points de vue, en posture difficile au point de vue culturel, en dépit du courant romantique qui lui était souvent favorable. D’une manière générale, les principales institutions d’enseignement et de recherche française avaient été détruites et remplacées par des entités moins performantes. L’Allemagne a pris alors la tête de la culture européenne. Mais après la guerre de 1870, une réaction se produit en France dans tous les milieux et on assiste à un renouveau de la culture catholique sous toutes ses formes. C’est vrai au point de vue littéraire. Cela est vrai aussi au point de vue théologique, historique, plus tard exégétique. Ce renouveau va se continuer jusque dans les années 1950-1960. René Bazin entre dans le courant de rénovation de la pensée où il a une place marquée.


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Jean-Luc MARAIS, Davidée Birot, un débat à l’issue imprévue.

Jean-Luc Marais,
Maître de conférences honoraire en histoire contemporaine, Université d’Angers

Jean-Luc Marais, ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud, agrégé d’histoire et docteur en histoire, Maître de conférences honoraire à l’Université d’Angers, a mené ses recherches dans trois directions principales : l’histoire religieuse sous l’angle de l’insertion du catholicisme dans la société (sociabilité, loisirs, éducation, action sociale, etc.), l’histoire de la philanthropie et des institutions qui en dépendent et l’histoire de l’Anjou.

Davidée Birot, un débat à l’issue imprévue.

Avec Davidée Birot, roman paru en 1912, Bazin aborde le problème largement débattu depuis 1881 de l’instauration de la laïcité à l’école : quelle est la nature de la morale qu’enseigne l’école publique. En mettant en scène une jeune institutrice qui s’interroge sur les fondements de cette morale, Bazin s’introduit dans un débat très vif en 1912. Mais le personnage de Davidée échappe à son auteur ; le roman devient réalité. Bazin rencontre des « Davidées » réelles, qui remettent en cause l’image qu’il se faisait de ces institutrices catholiques de l’école publique. Ses certitudes sont ébranlées.


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Anne-Simone DUFIEF, Quelques personnages féminins dans les romans de René Bazin

Anne-Simone Dufief,
Professeur de littérature honoraire à l’université d’Angers

Anne-Simone Dufief, professeur émérite de littérature française à l’université d’Angers, est spécialiste des romanciers du réel dans la deuxième moitié du XIX° siècle. Elle a édité des œuvres de Daudet, Balzac et consacré des articles aux écrivains réalistes et au théâtre du XIX° siècle. Elle a travaillé sur l’œuvre d’Alphonse Daudet et est la présidente de l’association des Amis d’Alphonse Daudet, qui publie une revue « Le Petit Chose » qui édite les actes des colloques consacrés chaque année à cet écrivain.

Quelques personnages féminins dans les romans de René Bazin

Le vrai bonheur du romancier est de créer des personnages, affirmait Alphonse Daudet. Il semble en effet que ces « êtres de papier » soient essentiels dans le plaisir de la lecture.  Or, au XIXe siècle, le personnage central est souvent une femme – peut-être parce que les lecteurs sont souvent des lectrices ...  La communication étudie la place de ces héroïnes dans la genèse des romans de Bazin dont la pratique romanesque n’est pas éloignée de celle des auteurs réalistes de son temps. A travers quelques exemples – Donatienne, De toute son âme, L’Isolée – il s’agira de comprendre les choix d’un romancier soucieux de peindre des humbles, de petites gens aux prises avec des questions sociales qui sont celles de leur époque. Mais Bazin est un romancier engagé qui, comme le dit Mauriac en 1931, fait une peinture catholique de la société ce qui implique des choix et surtout un regard : « Il a été en un sens plus réaliste, plus naturaliste que Flaubert, que Maupassant et que Zola, parce qu’il a dépassé la surface des êtres. Pour lui, le drame de la créature n’a pas tenu tout entier dans le conflit des instincts. » Comment ses héroïnes réussissent-elles à échapper aux conventions un peu fades du roman « bien pensant » ? Comment sont-elles vivantes, ce qui est le grand challenge des écritures à thèse ? Tel sera notre propos.


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Bénédicte FREYSSELINARD, La paternité chez Bazin et Bernanos

Bénédicte Freysselinard,
Docteur ès Lettres, maître de conférences en Littérature à l’Université catholique de l’Ouest

Bénédicte Freysselinard, docteur es-lettres, après des études à l’université de Paris-IV Sorbonne, est maître de conférences à l’Université catholique de l’Ouest à Angers, et enseigne à Neuilly-sur-Seine. Elle a consacré des recherches aux écrits de combat de Georges Bernanos et à l’œuvre complète de l’académicien diplomate Jacques de Bourbon-Busset, ainsi qu’à plusieurs autres écrivains de langue française du XXe siècle. 

La paternité chez Bazin et Bernanos

Y a-t-il meilleurs fils, à première vue, que les romanciers René Bazin et Georges Bernanos ? Monarchistes dans leur jeunesse, car ardents défenseurs d’un modèle politique patriarcal, catholiques professant, leur vie durant, une foi en un Dieu Père qui pardonne au fils prodigue, ils sont aussi profondément enracinés dans la terre qui les a vus naître, que ce soit l’Anjou ou l’Artois, puisant régulièrement dans ces lieux qui leur sont chers leur inspiration romanesque. 

Pourtant, s’ils revendiquent ce triple héritage, le lecteur attentif des romans de René Bazin s’aperçoit vite que les personnages, souvent ancrés dans un milieu familial traditionnel, sont sujets à des tensions entre générations, et plus précisément que les pères s’opposent aux fils, soit à propos de transmission, soit en ce qui concerne l’appel d’une vocation ou un choix de vie. Chez Bernanos, la figure du père de famille est sans cesse concurrencée par celle du prêtre ; il n’y a guère de face à face entre le père et l’enfant, mais des confrontations renouvelées entre le confesseur, le directeur de conscience, le démon tentateur qui revêt des apparences trompeuses et l’enfant, un enfant « humilié » selon son expression, dont le destin tragique est presque toujours bouleversant. Chez les deux romanciers, au père de référence se substituent des pères de rencontre ou d’élection qui hantent les grandes étapes de leurs vies d’hommes.

Quel est l’enjeu de ces dialogues interrompus et repris de livres en livres entre pères et fils ? Les personnages de fils blessés parviennent-ils peu à peu à une réconciliation avec des pères qui leur ont manqué ? Nous retracerons l’itinéraire de ces enfants « humiliés » ou révoltés, que sont ces deux romanciers,  de l’enfance à l’âge d’homme où à leur tour ils sont devenus pères de familles nombreuses, en essayant de montrer que l’écriture les guérit et les sauve, fidèle à la vocation première de la littérature.


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