La Terreur en Anjou

Jugement de la commission militaire condamnant à mort Jean Ferchaud et Jacques Bouchet,
An II (1793-1794), 81 L 11

Les commissions militaires

La justice révolutionnaire est rendue par une commission militaire composée à l’origine de cinq militaires. Quatre commissions ont été crées dans le département de Maine-et-Loire. Sur 2 256 jugements connus, elles ont rendu 1 217 condamnations à mort. Celle d’Angers, crée le 10 juillet 1793, fonctionne jusqu'au 9 mai 1794. Elle est installée à l’hôtel de Villoutreys, où les suspects sont, pour la plupart, condamnés à mort.

Les juges 

Joseph Trottouin, administrateur de la prison du calvaire dénonce les « interrogatoires secrets et les jugements occultes ». Le 6 octobre 1794, il décrit les juges : « Goupil et Brumier étaient les juges. Ce dernier s’était fait connaître dans la maison, en envoyant à la mort les femmes Jacquet et Beauvais de Sablé à qui il devait de la reconnaissance, et que la présence importunait, Goupil arrivait de Nantes et avait conduit à la mort des prêtres infirmes à la noyade (…). Ces anthropophages ne cessaient de parler de leurs forfaits. J’ignore si à force de parler de sang, ils avoient espérer m’en altérer ».

Vider les prisons

Les jugements sont rendus au nom de la loi du 19 mars 1793 qui condamne à mort les contre-révolutionnaires. En cette fin de Germinal an II (avril 1794), la commission s’emploie à vider les prisons d’Angers : celles du château, du Calvaire, du Bon-pasteur, des Pénitentes et du Grand-Séminaire en envoyant les centaines de détenus à la mort. Les 99 condamnés de cette affiche, jugés le 14 avril 1794, ont sans doute été fusillés dans le champ de la Haie aux Bonshommes à Avrillé, réquisitionné pour ces massacres. Ce champ est aujourd’hui devenu le champ des martyrs.

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