Détériorer, lacérer, commenter les affiches allemandes

Les premiers mois de l’Occupation sont marqués par une propagande allemande particulièrement visible dans les villes. Elle provoque les toutes premières formes de résistance spontanée des habitants. Les affiches rédigées en allemand sont régulièrement arrachées, jetées, en particulier dans les communes rurales. Les gendarmes mènent l’enquête ; le plus souvent, leurs investigations visent moins à rechercher les auteurs des actes qu’à étouffer les affaires, à un moment où chacun évite de côtoyer l’occupant.

Avis de condamnation à mort de Szmul Tyszelman et de Henry Gautherot pour avoir pris part à une manifestation communiste dirigée contre les troupes allemandes, 19 août 1941 (7 Fi 362)

Une résistance spontanée vite réprimée

Avec les premières affiches anti-anglaises à l’automne 1940, les réactions se font plus vives dans les villes : les affiches sont lacérées, encollées, commentées et le préfet se trouve contraint d’avertir la population afin de ménager la susceptibilité des autorités d’occupation qui très rapidement qualifieront ces gestes d’actes de sabotage. Plus tard, les avis officiels de l’office allemand de propagande annonçant les arrestations et les condamnations à mort des résistants ou des otages, provoquent des gestes de contre-propagande en particulier des communistes dont les réseaux de résistance plus organisés, parviennent à faire imprimer clandestinement des papillons ou petites affiches collées par-dessus les affiches allemandes.

Lacération d'affiches à l'angle des rues David et Chevreul à Angers, 25 novembre 1940.
Main courante du commissariat central d'Angers (87 W 1)

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