L'attitude de la royauté est donc à la fois de sévère mainmise, notamment par le contrôle de la nomination des évêques, mais aussi de protection et d'encouragement. GrâCE à cet appui, le monachisme prend son essor, appuyant la poursuite de l'expansion chrétienne dans le monde rural, mais aussi situant ses fondations dans les centres urbains, le plus souvent hors les murs, au pied des remparts des villes.
Dans CE lien qui se tisse entre le siècle et le cloître, l'exemple de Saint Aubin est particulièrement représentatif : Aubin, né à Vannes de parents nobles, entre très jeune dans un monastère - Tincillacense dans l’Ouest- où il accède à l' abbatiat, et où il se fait connaître par SA conviction et SA sagesse. A la mort de l'évêque d'Angers Adelphius, vers 538, il est désigné pour lui succéder. Évêque actif, il participe à de nombreux conciles jusqu'à SA mort en 550. Son prestige, son engagement farouche contre les dérives violentes du temps, ses interventions bienveillantes lui valent très vite une réputation de sainteté, reprise dans les nombreux récits hagiographiques dont le premier fut signé par Fortunat, évêque de Poitiers, moins de vingt ans après SA mort.
Le culte qui entoure ensuite le tombeau du saint exige qu'on lui ménage un sanctuaire à SA mesure. Que le principe en ait été décidé avant ou après la mort d'Aubin, rien ne permet de l'établir. Mais l'évêque de Paris, Germain, et le successeur d'Aubin au siège épiscopal d'Angers, Eutrope, semblent avoir joué dans cette fondation un rôle décisif. L'emplacement retenu est situé à l'extrémité méridionale du sanctuaire paléochrétien d'Angers, qui s'étendait sur un vaste espace au sud de la ville fortifiée. Dans l'église nouvellement construite, le corps du saint est transféré dans la seconde moitié du VIe siècle, en tous cas avant la mort de Germain qui survient en 582. Dans ces mêmes années, une communauté monastique s'installe sur le lieu de la sépulture. Son existence est attestée dès le début du siècle suivant. Les miracles qui ont ponctué la VIe du saint se poursuivent après SA mort,. et augmentent la renommée de la nouvelle fondation qui, placée peut-être initialement sous le vocable de saint Germain, est reconnue définitivement sous celui d’Aubin. Grégoire de Tours rapporte ainsi qu’ un paralytique fut guéri par l’entremise de saint Aubin après s’être longtemps tenu « devant la vitre de l’abside, où étaient enfermés les restes saints ».
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