Il est maintenant admis de fixer les origines de l'enseignement péri-épiscopal angevin à l'époque carolingienne et post-carolingienne. Charlemagne avait en effet posé le principe que tout établissement ecclésiastique (abbaye, cathédrale, éventuellement paroisse) devait entretenir, pour la formation de ses clercs, une école placée sous la direction d'un maître (scholasticus, qui donnera écolâtre).
L'enseignement essentiel était primitivement celui des arts libéraux, essentiellement la grammaire (c'est à dire l'apprentissage du latin classique), et, dans une moindre mesure, la rhétorique et la dialectique. Les disciplines religieuses (comput, chant, liturgie et écriture sainte) parachevaient l’ensemble, selon une méthode basée sur la lecture commentée des textes, transcrits et accompagnés de longues gloses.
Dans cette tradition, les noms de maîtres angevins sont connus : Avant le XIe siècle ce sont Bernard, Sigon, Hilduin, Jean, Rainaud ; L'hérésiaque Bérenger, archidiacre d'Angers et ancien élève de Fulbert de Chartres y enseigne dans la seconde moitié du XIe siècle, de même que Robert d'Arbrissel, futur fondateur de Fontevraud ; Marbode, poète réputé, fut maître- école de 1075 à 1095 avant d'accéder à l'évêché de Rennes ; Ulger, son successeur, fut bientôt élevé à l'épiscopat d'Angers (1125). Installée au sein du palais épiscopal, l'École jouit alors d'une sorte de monopole et se forge peu à peu une identité savante, distincte de celle du chapitre.
Cet état d'esprit angevin - curiosité intellectuelle, aspiration à l'indépendance par rapport à un cadre religieux devenu vieilli- rapprochait sans nul doute l'institution de ses semblables, notamment de celles situées au nord de la Loire. La communauté d'intérêts éclate notamment quand, en 1229, les maîtres et écoliers de l'Université de Paris, ayant obtenu leurs premiers statuts, choisissent, au cours du conflit qui les oppose à l'évêque et à la régente Blanche de Castille, de quitter Paris. Ils partagent leur repli entre Angers et Orléans, mais semblent avoir été particulièrement bien accueillis à Angers, où ils séjournent près de deux ans. Le retour à Paris se solde par l'octroi, par le pape Grégoire IX, de la bulle parens scientiarum, grande charte de l'Université de Paris, texte fondateur, pour le Moyen - Âge, des privilèges, libertés et structures des communautés universitaires. Angers devra attendre encore plus d'un siècle pour se voir reconnaître le statut d'Université. Dans l’intervalle, l'étude du droit s'est installée. Un long conflit avec l'évêque s'achève avec les lettres obtenues de Charles V en juillet 1364 : les angevins y obtiennent la concession effective de privilèges d'Université, même si le mot n'est prononcé que dans un second acte de 1369 ; dès lors l'évolution s'accélère : les premiers statuts sont établis en 1373, puis repris et complétés en 1398. La faculté des Droits est enfin rejointe, en 1433, par celles de Théologie, Médecine et Arts, constituant ainsi un ensemble qui devait illustrer Angers jusqu'à sa suppression le 5 avril 1792.
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