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En bord de ville, au bord de l’eau

C’est une mode qui aurait été lancée par le Roi René lui-même à la fin du XVe siècle : profiter de la proximité des bords de Loire pour y installer des résidences de villégiature, où l’on vient vivre une bonne partie de l’été jusqu’à la période des vendanges. Ces demeures étaient d’ailleurs bien souvent implantées à côté de vignobles.

C’est cette histoire que les Archives départementales de Maine-et-Loire ont décidé de faire connaître, en partenariat avec la Conservation départementale du patrimoine, à travers cette exposition intitulée « En bord de ville, au bord de l’eau. Architecture et plaisance de Loire 1820-1930 ».

EXPOSITION VISIBLE DU 19 MAI AU 19 SEPTEMBRE 2021

DE LA MAISON DES CHAMPS À LA MAISON DE PLAISANCE

Les rives de la Loire sont depuis longtemps prisées comme lieu de villégiature. Dès la fin du XVe siècle, le roi René en a fait un endroit privilégié pour l’installation de ses résidences de campagne associant au repos champêtre les avantages économiques du manoir. Aux siècles suivants, à l’instar de l’aristocratie laïque et ecclésiastique, la bourgeoisie angevine et saumuroise achète des terres bordant parfois le cours du fleuve, pour y bâtir une maison de maître très souvent attachée à un vignoble. Ces propriétaires urbains viennent alors y passer une grande partie de la saison d’été jusqu’à la période des vendanges.

À l’image de ces maisons des champs se superpose celle de la «maison de plaisance». Si l’expression existe depuis le Moyen Âge, son concept est théorisé au début du XVIIIe siècle chez certains architectes, comme Jacques-François Blondel (1704-1775), qui lui donnent une dimension sociétale et la distinguent du château. Élevée sur une hauteur ou bien construite directement au bord du fleuve, la maison de plaisance cherche bien souvent à bénéficier d’un panorama sans égal, anticipant un mode d’appréciation de l’environnement qui va s’imposer au cours du XIXe siècle.

 

 

 

LA NAISSANCE D’UN TOURISME DE LOIRE

Le regard des artistes et des intellectuels a joué un rôle majeur dans la construction des représentations sociales du paysage et des monuments qui le composent. Au début du XIXe siècle, la libre circulation des hommes et des idées se traduit, dans le sillage des écrits de Jean-Jacques Rousseau puis de la naissance du courant romantique, par une effervescence culturelle et intellectuelle propice à la redécouverte de la nature sauvage et des paysages pittoresques de la Loire angevine. Les dessins de Jean-Jacques Delusse (1758-1833) et de Peter Hawke (1801-1887) traduisent bien le goût nouveau pour les paysages de Loire et la traque par surprise du « tableau », au détour d’un chemin, d’une allée ou d’un point de vue dominant. Dans le même temps apparaissent les premiers guides à l’intention des promeneurs, des touristes et des voyageurs. Largement inspirés par les écrits de Jean-François Bodin (1766-1829), ils participent à la redécouverte de sites et de monuments. Le développement des transports, des bateaux à vapeurs puis surtout du train, amplifie ce phénomène. Il contribue à faire de certains secteurs des bords de Loire des lieux de sociabilité et de distraction.

UNE ARCHITECTURE DE BORD DE VILLE AU BORD DE L’EAU

Qu’elles soient nommées maison de campagne ou de plaisance, villa, château ou chalet, les maisons de villégiature des bords de Loire recherchent toutes une relation singulière avec le paysage fluvial. Particulièrement repérables dans le secteur des coteaux, de Bouchemaine jusqu’à la Possonnière, ou au sud de Saumur, les sites de crête et de hauteur, qui offrent des vues attrayantes sont le théâtre privilégié de vastes propriétés agrémentées de jardins en terrasse ou de parcs paysagers. Si durant tout le XIXe siècle, le château reste une référence pour les commanditaires les plus fortunés, médecins, avocats, notaires, officiers mais également professeurs et commerçants se font construire des résidences de villégiature plus discrètes mais offrant des commodités comparables à celles de leur habitation principale en ville. Entretenant un rapport spécifique avec les nouveaux moyens de transport, celles-ci s’installent graduellement depuis la lisière des centres urbains vers la périphérie, le long des principales voies de communication routière et ferroviaire. Si certains propriétaires inscrivent leur maison dans le front bâti des anciennes habitations de pêcheurs et de mariniers, de plus grandes parcelles laissées libres permettent de construire un pavillon isolé, prétexte à l’aménagement de jardins paysagers.

LES ARCHITECTES DE LA VILLÉGIATURE

Si l’attribution des maisons de villégiature n’est pas toujours aisée, bon nombre d’entre elles portent la marque d’un architecte. Créée en 1887, la Société des architectes de l’Anjou, apparentée à la Société centrale, a eu un rôle certain dans la connaissance et la diffusion des modèles d’architecture auprès de ses adhérents. La correspondance entretenue avec les autres sociétés, les abonnements aux revues d’architecture, la distribution des catalogues de fournisseurs ou les voyages fréquents de certains de ses membres en France ou à l’étranger témoignent de l’ancrage de ces derniers dans la production du temps.

LA CONFLUENCE MAINE-LOIRE - TERRITOIRE DE VILLÉGIATURE UNE PUBLICATION INÉDITE

Cette exposition, menée en partenariat par les Archives départementales de Maine-et-Loire et la Conservation départementale du patrimoine, est le prolongement d’une étude d’Inventaire du patrimoine menée de 2016 à 2021 sur le secteur de la confluence Maine-Loire. Le fruit de cette recherche peut être retrouvé dans l’ouvrage La confluence Maine-Loire. Territoire de villégiature,
premier opus de la nouvelle collection régionale Images Patrimoines en région, publiée par la Région des Pays de la Loire, le Département de Maine-et-Loire et les Éditions 303.
Renseignements et ventes sur www.303.fr et dans les librairies partenaires.

DEUX FILMS POUR FLÂNER AU BORD DE L’EAU

Chapeaux de paille, ombrelles et déjeuners sur l’herbe, les Angevins des villes découvrent l’Anjou et les plaisirs du tourisme, ils photographient ces instants de détente et les racontent dans les cartes postales. Un siècle sépare ces deux films qui vous invitent à entrer dans ces images anciennes et à flâner au bord de l’eau en 1900 et en 2021.

VISITES COMMENTÉES

Sur réservation : 02 41 80 80 00 ou evenements-archives49@maine-et-loire.fr
  • VISITEURS INDIVIDUELS : COMPLET
    Les mercredis à 15h : 16 et 30 juin, 7 et 21 juillet (complet), 1er et 15 septembre 2021

  • VISITEURS EN GROUPE : du lundi au vendredi

  • OUVERTURE EXCEPTIONNELLE : lors des journées européennes du patrimoine, Dimanche 19 septembre 2021 de 14h à 19h,







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