Cartes d'Anjou

Un voyage dans l’espace et le temps !

Comment connaître le monde qui nous entoure ?
Comment le représenter pour mieux l’appréhender et se l’approprier ?
Les cartes sont à la fois des objets de pensée, des œuvres d’art, des outils de localisation et de connaissance de l’espace, autant que de véritables instruments de pouvoir.

Exposition proposée par les Archives départementales
du 25 novembre 2019 au 27 mars 2020

Depuis toujours, l’homme a éprouvé la nécessité de se situer dans l’espace qui l’entoure, qu’il soit céleste ou terrestre. Si la plus ancienne carte conservée est mésopotamienne, ce sont les Grecs, et notamment l’astronome et géographe Claude Ptolémée (IIe siècle) qui permettent à la cartographie de franchir des étapes décisives. La vision romaine est plus pragmatique : la carte trace des itinéraires à travers l’Empire, dans un but militaire mais aussi commercial. La « table » de Peutinger, copie d’une carte antique réalisée au XIIIe siècle, en est une parfaite illustration.

Au XVIe siècle, la redécouverte des savoirs de l’Antiquité, couplée avec un vaste mouvement d’exploration géographique et de découvertes techniques renouvellent l’approche de la cartographie, que le perfectionnement de l’imprimerie et de la gravure va permettre de diffuser. Les Hollandais sont alors les cartographes les plus brillants d’Europe. Gérard de Kremer, dit « Mercator », invente une nouvelle projection tangencielle qui lui permet de publier en 1569 le premier « Atlas ». Abraham Ortel, dit Ortelius, son ami et concurrent, publie en 1570 le « Theatrum Orbis Terrarum » qui connait dès sa parution un succès prodigieux, tant l’époque est en attente de cette nouvelle vision du monde.

Cartographier l’Anjou, du XVIe au XVIIIe siècle

La première carte connue de la province d’Anjou est l’œuvre d’un géographe et érudit angevin, conseiller au Présidial d’Angers, Lézin Guyet (1515-v. 1580). Gravée par Gabriel Tavernier et publiée pour la première fois en 1573, elle est incluse par Ortelius en 1579 dans l’édition augmentée de son Théatrum orbis terrarum, et de nombreuses fois rééditée ensuite dans divers atlas, soit en latin, soit en français.

Au XVIIe siècle l’initiative change. Avec Louis XIV, le pouvoir royal s’approprie la carte, devenue un instrument de pouvoir. Des progrès considérables sont accomplis, tant sur le plan des relevés avec l’invention de la planchette, que sur le plan des calculs avec la mise au point de la méthode de triangulation, qui permet un calcul exact des distances et des proportions.

Au fil des années, les cartographes précisent les contours de la province, aiguisent leur description, précisent le cours des rivières, décrivent des entités administratives plus ou moins étendues (cartes du gouvernement d’Anjou, de la généralité de Tours, etc.).

Des provinces aux départements

Lorsque la Révolution décide, durant l’hiver 1789, de donner à la France un nouveau découpage administratif, la cartographie est mobilisée pour en matérialiser les nouveaux contours. Ainsi, sur la trame des cartes anciennes, est dessiné le département, aux frontières plus étroites que celles de la province : la Mayenne et la Sarthe au nord reprennent à l’Anjou 80 paroisses, tandis que 26 autres rejoignent à l’est l’Indre-et-Loire.

La nouvelle entité prend le nom de Maine-et-Loire, officialisé dans le décret de création, signé le 26 février 1790. La carte du département doit être le symbole d’une ère nouvelle, et elle est déclinée jusque dans les objets quotidiens, comme des tabatières.

Autour de l'exposition

VISITES COMMENTÉES DE L'EXPOSITION
Visiteurs individuels

Les mercredis à 15 h, Sans réservation, durée 1 h, accessible à tous.

  • 11 décembre 2019
  • 15 et 29 janvier 2020
  • 12 février 2020
  • 4 et 18 mars 2020
Visiteurs en groupe

Du lundi au vendredi, Sur réservation (02 41 80 80 00)

Animations destinées aux scolaires, collégiens et lycéens.

service-educatif-archives49@maine-et-loire.fr

CONFÉRENCES DU MARDI
Mardi 4 février 2020 à 18 h

Les cartes de l’Anjou de Peutinger à Cassini : quels enseignements pour l’historien ?
par François Comte, conservateur en chef du patrimoine aux Musées d’Angers

Mardi 10 mars 2020 à 18 h

Paysages à la carte. L’Anjou du XVIIe au XIXe siècle,
par Nicolas Verdier, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS, chaire de géohistoire

ATELIER DES ARCHIVES
Vendredi 6 décembre 2019 à 14 h

Les collections des cartes et plans aux Archives départementales,
par Pascal Tellier, responsable des collections iconographiques des Archives départementales de Maine-et-Loire

OUVERTURE EXCEPTIONNELLE
Dimanche 19 janvier 2020 à 14 h dans le cadre de la Nuit de la lecture

de 15 h à 16 h : l'Anjou des voyageurs du XVIe au XVIIIe siècle,
Par Véronique Sarrazin, maître de conférences en histoire moderne à l’université d’Angers, TEMOS-CNRS

de 16 h à 17 h : lectures de récits de voyageurs
Par le Bibliothéâtre

L’entrée est libre et gratuite.
Toutes ces manifestations se déroulent aux Archives départementales.

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