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Insurrection de la nuit du 26 au 27 août 1855

Rapport du secrétaire de mairie de Trélazé au procureur général
concernant l’insurrection de la nuit du 26 au 27 août 1855
(28 M 5)

Dans la nuit du 26 au 27 aout 1855 entre onze heures et demie et minuit, une troupe assez considérable d’individus, venant du côté de la Pyramide, arrivent en chantant la Marseillaise, à tue-tête, avec des voix discordantes et enrouées. Ils paraissaient être animés par l’excès de boisson ainsi que par de mauvais sentiments. 

Arrivés à l’entrée du bourg, ils s’arrêtent quelques minutes. Alors une confusion de voix se fait entendre, sans que l’on puisse distinguer ce que l’on y disait, lorsqu’une voix s’écrie fortement : vous êtes des poltrons, vous êtes des lâches ; Je suis votre chef, c’est moi qui commande en avant, Marchons et plusieurs voix crièrent aussitôt : marchons. Alors on voit défiler en face de la mairie 35 à 40 hommes, en grande partie déguisés, les uns armés de diverses espèces d’armes, les autres de triques, et d’autres qui étaient sans armes. 

Peu de temps après, on entend parlementer en face de la Gendarmerie. Pendant ce temps, on voyait courir très vite en divers sens, devant la Mairie, des hommes déguisés qui paraissaient correspondre avec une autre bande stationnant à l’entrée du bourg, où la première s’était arrêtée, et qui augmentait sans cesse.

Tout à coup la détonation d’un coup de feu se fait entendre dans la direction de la Gendarmerie. On entend aussitôt frapper à coup redoublés dans une porte, comme pour l’enfoncer. Ces coups étaient accompagnés de cris effrayants d’hommes qui paraissaient être très animés. Les deux bandes n’en formaient plus qu’une. Il se fît alors un grand tumulte.

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